#Coopérations

Coopérer entre territoires pour développer
la médiation numérique

L’enquête nationale du réseau des médiateurs sociaux (PIMMS) démontre une convergence des publics et des enjeux au sujet de la précarité numérique. Aujourd’hui développer l’accès aux droits par le numérique passe donc par une action commune de réseaux qui ne partagent pas la même histoire. Il faut donc considérer et engager un changement de paradigme côté acteur comme côté décideur politique, pour associer les réseaux et les usagers à la définition de leurs stratégies nationales comme locales.

Coopérer dans les territoires repose ainsi sur une posture mentale applicable tant aux solutions techniques qu’à la gouvernance : avant d’agir il faut faire l’effort de mettre en commun les questions et les problématiques. Penser la coopération, pour les acteurs, c’est également affirmer que les solutions techniques ne reposent pas que sur des outils, elles sont aussi humaines.

Cela nécessite de prendre du temps en amont, du côté des décideurs comme du côté des acteurs : le temps du constat, du diagnostic, des questionnements et enfin le temps de la définition de la politique publique. Pour ne pas systématiquement devoir éponger, en aval de la décision, les conséquences sociales, avec des moyens bricolés et insuffisants. Il est possible d’avoir une stratégie de redéploiement d’une partie des coûts évités par la transition numérique.

Coopérer nécessite aussi, et c’est l’autre limite, à l’échelle du territoire, mais aussi entre territoires, de s’appuyer sur l’expérience commune aux différents acteurs de la médiation.

Si les acteurs passent « de faire le bien à bien le faire », il faut aussi le faire savoir, à la condition de disposer des espaces et des outils. La coopération entre territoires est donc un levier puissant qui participe aujourd’hui aux enjeux de l’appropriation des nouveaux usages publics.

C’est notamment le cas pour les territoires isolés, dont les citoyens, y compris les plus précaires, sont exposés, comme ceux des métropoles, à la transition numérique de la société, avec des ressources locales bien différentes. La recherche d’efficience est donc leur réalité quotidienne. Partager leurs expériences, permet à la fois de bénéficier et de faire bénéficier des ressources de l’espace commun, mais aussi de porter collectivement les sujets à une échelle plus visible que celle de chacun d’eux pris isolément.

 

#Idées clés


• Participer dans chacun des territoires à une définition cohérente des stratégies numériques adaptées au contexte local et qui intègre la participation des usagers à sa construction
• Définir les actions et imaginer les espaces possibles de mutualisation, diffusion, communication des réalisations locales
• Mutualiser les questionnements et les outils pour développer des services homogènes ou interopérables sur les territoires

 

« La transition numérique, qui représente une mutation structurelle de l’ensemble de notre tissu productif, social et politique, n’est pas une menace pour ces territoires. Elle est déjà une réalité, une chance et permet le désenclavement des territoires isolés. Les nouveaux usages et outils permettent d’envisager un développement économique différent, plus déconcentré, une qualité de services publics et de santé réellement égalitaires sur l’ensemble du territoire national et de facto un retour dans le monde rural de populations qui devaient jusqu’alors vivre et travailler dans les grands centres urbains. Cependant, les pouvoirs publics et les syndicats ne sont clairement pas au rendez-vous, il est urgent de mettre en place des cadres légaux et réglementaires propres à permettre le développement de ces innovations et de leur potentiel économique, social et civique. »

 

#Défis #Initiatives

Défi : Comment coopérer et composer avec la distance ? Comment faire collectivement pour accéder aux modes de financements nationaux / supranationaux pour favoriser la coopération avec les autres territoires ?

Initiatives :
• L’élaboration collective de cahiers des charges de solutions partagées facilitera la mutualisation des ressources et des outils inter-territoires (ex : passeport numérique, outils de travail collaboratif destinés aux professionnels et aux usagers). La constitution de la Coopérative nationale de la MedNum participe à cette élaboration collective.

La constitution du réseau ultra-marin des acteurs du numérique, rassemblés sous l’initiative Ultra Numérique a pour objectif de définir des stratégies d’ensemble, adaptées à chaque zone territoriale, en facilitant la visibilité des acteurs et leur mise en réseau avec les institutions locales et métropolitaines. La participation aux travaux des instances (par exemple aux Conseils de la Culture de l’Éducation et de l’Environnement), permettra aux territoires du grand large de co-construire les stratégies numériques des territoires avec les instances décisionnaires.

L’initiative Ultra Numérique constitue une des composantes territoriales de la MedNum. Elle permettra à ses acteurs d’accéder aux dispositifs développés en métropole et à l’échelle européenne. Ainsi, en promouvant une identité commune « Ultra Numérique », la visibilité des actions « distantes » sera renforcée. Par l’élaboration d’Assises territoriales du numérique en Nouvelle-Calédonie, les coopérations entre territoires seront facilitées. Pour ce qui est des territoires ruraux, l’organisation des Assises nationales de la médiation numérique 2016 à Mende, en Lozère, a initié les échanges autour et entre territoires « distants ».

« L’intégration de la Nouvelle-Calédonie dans le réseau des acteurs nationaux de la médiation numérique permet, entre autres, de favoriser les échanges de bonnes pratiques et d’informations avec les acteurs et les institutions publiques, notamment sur les dispositifs et les projets sur lesquels ce territoire pourrait être éligible. Cela permet aussi de mener d’autres actions, avec des recherches de financement autre que publics. »

Georges Wapae
Directeur du Développement Numérique
Gouvernement de Nouvelle-Calédonie

Défi : Quelle visibilité des acteurs et des actions réalisées ?

Initiatives :
En matière de numérique, l’ambition du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) est double. Il accompagne le déploiement des infrastructures de réseaux de télécommunication fixes et mobiles. Parallèlement, il encourage et soutient le développement des usages et des services numériques, en veillant au respect du principe d’égalité d’accès aux services publics tout en favorisant le développement économique et l’attractivité des territoires, des plus fragiles comme des mieux dotés. C’est notamment le cas pour les territoires de montagnes (Commissariats de massifs).

L’utilisation d’outils existants tel qu’ATLAAS de Villes Internet, soutenu par le CGET, permet d’identifier les acteurs sur l’ensemble des territoires. L’ATLAAS, l’Annuaire Territorial de Liaison des Acteurs, Actions et Services numériques, est une cartographie dynamique et contributive qui entend permettre aux acteurs de voir leurs actions positionnées dans le paysage géographique et thématique de l’Internet public et citoyen en France.
→ En savoir plus : www.villes-internet.net/atlaas

La création d’Observatoires locaux dans les territoires permettra d’alimenter la vision nationale de l’Agence du Numérique et d’enrichir les données du Laboratoire d’analyses et de décryptage du numérique porté par le Programme Société Numérique. Par exemple, l’Observatoire du numérique en Nouvelle Calédonie permet d’ores et déjà un retour d’expérience.
→ En savoir plus sur : www.observatoire-numerique.nc & www.agencedunumerique.gouv.fr/laboratoire